Les plus belles poésies

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Les plus belles poésies qui ont traversé le temps et l’espace
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La poésie a porté sur ses ailes les plus belles émotions et les plus lourds fardeaux, imprimant à la vie, l’amour et la pensée sa note mélodique.

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Les Fleurs du Mal
Charles Beaudelaire

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Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meux avec agilité,
Et comme un bon nageur qui se Pâme dans l’onde,
Tu sillones gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et male volupté.

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Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins;
Celui dont les pensées, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor
Le langage des fleurs et des choses muettes!

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Mignonne, allons voir si la rose…
Pierre de Ronsard

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Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vêprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! Voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las ! Ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

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Les astres dans les cieux
La grandeur de Dieu
Extraits des Poésies mélodiques de Ferland

etoilefeeC’est une belle nuit à l’aspect grandiose,
Elle efface à nos yeux tout être et toute chose,
Et, comme dans leur flux les vastes océans,
Inonde les coteaux, gravit les pics géants,
Sème au fond des lointains le vague et le mystère,
Fait trembler les contours et douter la lumière,
Dissimule, enveloppe, en harmonisant tout,
Les rivages couchés avec les monts debout.
Son ombre déployée, ainsi qu’un large voile,
Se pare à chaque instant sous un regard d’étoile,
Et ravi l’éther qui paraissait terni,
De soleils escortés, elle atteint l’infini.etoilefeeC’est un spectacle auguste, imposant, formidable,
Que voir l’embrasement de l’incommensurable,
Abîme rayonnant sous le regard de Dieu !
Vaste temple d’azur sans bornes sans milieu,
Au dôme immensément déployé comme une aile,
Où la nuit accomplit sa marche solennelle,
Épanche le sommeil aux bons comme aux pervers,
Et fait taire la voix du superbe univers !etoilefee

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Les contemplations
Victor Hugo

Le poëte s’en va dans les champs ; il admire,
Il adore ; il écoute en lui-même une lyre ;
Et, le voyant venir, les fleurs, toutes les fleurs,
Celles qui des rubis font pâlir les couleurs,
Celles qui des paons même éclipseraient les queues,
Les petites fleurs d’or, les petites fleurs bleues,
Prennent, pour l’accueillir agitant leurs bouquets,
De petits airs penchés ou de grands airs coquets,
Et, familièrement, car cela sied aux belles :
« Tiens ! c’est notre amoureux qui passe ! » disent-elles.

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Et, pleins de jour et d’ombre et de confuses voix,
Les grands arbres profonds qui vivent dans les bois,
Tous ces vieillards, les ifs, les tilleuls, les érables,
Les saules tout ridés, les chênes vénérables,
L’orme au branchage noir, de mousse appesanti,
Comme les ulémas quand paraît le muphti,
Lui font de grands saluts et courbent jusqu’à terre
Leurs têtes de feuillée et leurs barbes de lierre,
Contemplent de son front la sereine lueur,
Et murmurent tout bas : C’est lui ! c’est le rêveur !

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Les Oiseaux de Neige
Louis Fréchette
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Quand le rude Équinoxe, avec son froid cortège,
Quitte nos horizons moins inhospitaliers,
Sur nos champs de frimas s’abattent par milliers
Ces visiteurs ailés qu’on nomme OISEAUX DE NEIGE.
De graines nulle part, nul feuillage aux halliers.
Contre la giboulée et nos vents de Norvège,
Seul le regard d’en haut les abrite, et protège
Ces courriers du soleil en butte aux oiseliers.
Chers petits voyageurs, sous le givre et la grêle,
Vous voltigez gaîment, et l’on voit sur votre aile
Luire un premier rayon du printemps attardé.
Allez, tourbillonnez autour des avalanches;
Sans peur, aux flocons blancs mêlez vos plumes blanches :
Le faible que Dieu garde est toujours bien gardé.

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Rêve d’artiste
Émile Nelligan

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Parfois j’ai le désir d’une soeur bonne et tendre,
D’une soeur angélique au sourire discret:
Soeur qui m’enseignera doucement le secret
De prier comme il faut, d’espérer et d’attendre.
J’ai ce désir très pur d’une soeur éternelle,
D’une soeur d’amitié dans le règne de l’Art,
Qui me saura veillant à ma lampe très tard
Et qui me couvrira des cieux de sa prunelle;
Qui me prendra les mains quelquefois dans les siennes
Et me chuchotera d’immaculés conseils,
Avec le charme ailé des voix musiciennes;
Et pour qui je ferai, si j’aborde à la gloire,
Fleurir tout un jardin de lys et de soleils
Dans l’azur d’un poème offert à sa mémoire

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